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jeudi 16 juillet 2009

Une rencontre au sommet

Michael Connelly, un vétéran dans le monde des romans policiers, publie son petit dernier, Le verdict du plomb. Une rencontre au sommet : son inspecteur «chouchou», Harry Bosch, croise le chemin de l'avocat Mickey Haller, déjà vu dans La défense Lincoln.


Après deux romans plutôt faibles, Michael Connelly revient en force avec une intrigue judiciaire bien ficelée, accumulant les punchs dans les dernières pages !


Verdict du plomb.mp3

dimanche 12 juillet 2009

Rencontre du 3e titre

Le blog Sous les couvertures est quelque peu délaissé ces derniers temps au profit de Rencontre du 3e titre, l'émission littéraire hebdomadaire que j'anime sur les ondes de CIBL-Radio Montréal. Je m'en excuse profondément mais la reprise ne saurait tarder.

En attendant, vous pouvez écouter des entrevues d'auteurs reçus en studio pendant l'émission sur le site de CIBL. Rendez vous sur le site, faites une recherche avec le titre de l'émission, Rencontre du 3e titre et le tour est joué : vous aurez les toutes dernières entrevues.

Vous pouvez nous écouter en direct tous les mercredis de 13h à 14h au 101,5 FM ou par internet. Et vous pouvez aussi nous écrire à 3etitre@cibl1015.com, on sera très heureux de lire tous vos commentaires, suggestions et critiques.

mardi 16 septembre 2008

Festin frugal

Festin de miettes est le premier roman de Marine Bramly, cette jeune auteure française, née en 1969.

C'est un roman très bien maîtrisé, avec une écriture à couper le souffle parfois et des mises en scène qui se rattachent beaucoup aux détails.


À lire ABSOLUMENT !

mardi 29 avril 2008

Histoires dans un bordel sicilien

Voici ma chronique de la semaine dernière à l'émission Rencontre du troisième titre, sur les ondes de CIBL (101,5 FM).
Il s'agit de La pension Eva, le dernier roman d'Andrea Camilleri, l'auteur sicilien et créateur du célèbre commissaire Montalbano.

La pension Eva.mp3

dimanche 27 avril 2008

Espionnage à l'islandaise


L' homme du lac est le quatrième roman disponible en français d'Arnaldur Indridason, un auteur islandais.
Indridason est diplômé en histoire et il est journaliste et critique de cinéma. Son père était écrivain aussi, ce qui a beaucoup aidé à développer sa vocation actuelle. Il a déjà trois romans publiés en français : La cité des jarres, La femme en vert et La voix. Les trois romans étaient absolument géniaux et ils ont tous gagnés plusieurs prix.
Cette nouvelle enquête nous emmène sur un terrain différent des autres enquêtes du commissaire Erlendur, il s'attaque cette fois à l'espionnage en Islande pendant la guerre froide.
En fait, le roman commence par un squelette trouvé au fond d' un lac en train de s'assécher et ce squelette a un émetteur-récepteur russe attaché à son pied. Dans les chapitres qui suivent cette première découverte, la voix d'un homme inconnu prendra la relève pour raconter son appartenance au parti socialiste islandais qui l'envoie étudier en Allemagne de l'Est. En arrivant à Leipzig, cet homme change et passe de communiste convaincu et radical à quelqu'un qui est considéré comme un traître parce qu'il n'accepte pas les méthodes de «surveillance réciproque» et de recrutement de ce gouvernement communiste.
Les trois premiers romans ainsi que celui dont je traite ont tous pour personnage principal le commissaire Erlendur. Personnage taciturne et solitaire, il rencontre toutes sortes de gens à travers ses enquêtes. C'est un être très intuitif en ce qui a trait à ses enquêtes et qui est particulièrement obsédé par les disparitions. De plus il a deux enfants qui ne l'aiment pas vraiment : sa fille Eva lind lui reproche constamment de les avoir quittés quand ils étaient tous jeunes et son fils, Sindri Snaer, le traite avec indifférence. C'est un personnage très sensible, qui doit se dépatouiller un peu entre sa vie personnelle plutôt misérable et ses enquêtes qui l' amènent à voir des choses tout aussi misérables.
Dans ces autres enquêtes, il s'agissait souvent du mauvais traitements infligé à des enfants alors que cette fois-ci, il parle beaucoup de vieillesse : il y a plusieurs personnes âgées dans ce roman ou sur le point de mourir, comme son ancienne patronne qui a un cancer en phase terminale et qui respire grâce à une bonbonne d'oxygène et qui traîne chez elle à regarder des westerns.
En fait, l'enquête d'Erlendur et son équipe alternent avec l'histoire de cet homme et finissent par se rejoindre pour ne former qu'une histoire avec une fin qui nous révèle qui est ce squelette du lac et pourquoi il se retrouve au fond de ce lac.
Bref, un livre palpitant mais tout en douceur. Et l'alternance des deux voix narratives nous donnent vraiment envie de continuer la lecture pour découvrir comment les deux histoires vont finir par s'imbriquer.

jeudi 24 janvier 2008

Les belles choses que porte le ciel

C'est le titre du premier roman de Dinaw Mengestu, un auteur américain d'origine éthiopienne et je me permets de bien souligner l'origine parce que dans ce cas, elle est très importante, vu que ce roman porte en grande partie sur l'Éthiopie dans les souvenirs du narrateur. L'auteur est né en Ethiopie en 1978 (un peu après l'arrivée de Mengistu – avec lequel, soit dit en passant, il n'a aucun lien de parenté - et son instauration de ce qu'on appellera la «Terreur Rouge», une révolution qui se veut communiste.) Mengestu arrive aux Etats-Unis à l'âge de 2 ans et demi avec sa mère. Ils rejoignent tous deux le père de Dinaw qui avait déjà fui aux Etats unis en 1977, craignant pour sa sécurité.
Publié au printemps 2007 en anglais, traduit et publié chez Albin Michel en septembre 2007, il connaît depuis un succès retentissant. Il a gagné le Guardian First Book Award en décembre dernier à Londres et, plus récemment, le prix du premier roman étranger en France. Bref, un premier roman très apprécié par la critique.
Il est difficile de raconter l'histoire du roman parce qu'on fait plus suivre le narrateur dans ses réflexions, ses dialogues et ses déambulations surtout, mais je vais quand même essayer. Le roman raconte l'histoire de Sépha Stéphanos, un immigrant éthiopien arrivé aux Etats Unis adolescent à la suite d'événements dramatiques survenus chez lui, à Addis Abeba. A 36 ans, il est propriétaire d'une épicerie au bord de la faillite dans un quartier très pauvre de Washington, quartier touché par une gentrification galopante. C'est un personnage solitaire, seul. Il a deux amis africains et immigrés eux aussi : Kenneth, un ingénieur kenyan, et Joseph, un congolais qui travaille comme serveur dans un restaurant très huppé. Ils se regroupent à l'arrière du magasin de Sépha et refont le monde à l'aide d'une quantité considérable d'alcool. Dans le même mouvement de transformation du quartier de Sépha, arrivent dans le quartier Judith, une professeure d'histoire à l'université en congé sabbatique, et Naomi, sa fille de 11 ans. A partir de ce moment, la vie de Sépha se transforme...
En fait, on assiste à cette transformation de manière anachronique parce que le récit est divisé en deux parties qui s'imbriquent : d'un côté, Sépha parle de lui au présent, de l'état de son épicerie et de son expulsion imminente et d'un autre côté, on retourne dans le passé lointain de Sépha. On comprend alors dans quelles circonstances il est parti d'Éthiopie et le chemin qu'il a fait depuis pour arriver dans cette épicerie. On suit aussi le parcours de sa relation avec les nouvelles arrivées dans le quartier, Judith et Naomi et son attachement pour elles. Tout ça se fait dans une écriture très dépouillée, parfois descriptive, observatrice et surtout, très retenue. Les détails sont donnés au compte-goutte, Sepha ne se lance jamais dans de grandes diatribes ni de grandes explications et le lecteur n'a connaissance des événements dramatiques qui ont provoqué le départ de Sépha d'Éthiopie qu'aux deux tiers du livre. Et plus la fin du roman approche, plus les deux parties se rapprochent : ce ne sont plus des chapitres entiers qui appartiennent à des périodes différentes de la vie de Sépha mais des segments de chapitres où le passé et le présent de Sépha se rejoignent pour finir par faire le narrateur plein de nostalgie et « coincé entre deux mondes », comme il le dit si bien à la fin du roman. On comprend particulièrement pourquoi il est à la marge lorsqu'on connaît ses deux amis : Kenneth est le prototype de l'immigrant à la recherche du rêve américain et Joseph est celui qui vit dans ses souvenirs, dans la nostalgie et dans l'idéalisation d'une Afrique utopique, même si parfois il est extrêmement lucide face à l'état du continent africain.
J'ai trouvé le rythme du roman très agréable, on le lit un peu au rythme des promenades de Sépha et lorsqu'il nous fait des révélations, notre rythme s'accélère aussi. Si je devais trouver un petit bémol, c'est le bris de ce rythme lorsqu'on arrive à l'épisode des multiples expulsions dans le quartier de Logan Circle. Je trouve qu'on passe trop rapidement d'une ambiance (ou encore une fois, un rythme) plutôt intimiste à un combat beaucoup plus collectif. Mais encore là, certains pourront peut être plus apprécier cette partie que moi! Mais franchement, il faut le lire rien que pour les conversations entre les 3 amis et leur petit jeu à propos des coups d'états africains. Ces parties sont particulièrement savoureuses. Un des trois amis s'amuse à nommer une personne et les deux autres doivent retrouver la date et le lieu où cet homme a réussi un coup d'état en Afrique! Et ils précisent bien qu'ils n'auront jamais fini d'en faire le tour de leur vivant! C'est amusant, drôle parfois et triste parce que vrai et d'actualité! Lisez-le... Réflexions, émotions et rires jaunes garantis!