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jeudi 18 mars 2010

Une enquête à l'Isle-aux-Grues

Maurice Gagnon publie un nouveau roman policier aux éditions Fides. L'isle silencieuse est une enquête de Gilbert Gauthier de la police provinciale. À l'automne 1947, Pierre Duquet est découvert mort. Noyade ? Non, meurtre. Qui est le criminel ? Tous les habitants de cette petite île sont suspects. 

Dans un univers isolé de tout et dans un passé plutôt lointain, Maurice Gagnon publie un polar classique, dans la veine des romans d'Agatha Christie. 


L'isle silencieuse.mp3

dimanche 31 janvier 2010

Le noir qui marche à pied, l'Afrique du Sud à genoux


Le superintendant Zondi se disait que son pays bien-aimé s’était laissé aller, qu’il s’était laissé prendre au piège de l’autosatisfaction : tout simplement parce que les Noirs avaient été libérés de l’apartheid sans violence, que la planète entière leur avait délivré un satisfecit et leur avait fait croire que toutes leurs souffrances allaient ainsi être effacées d’un coup de baguette par Magic Mandela…»

un roman Sud-africain
Cette citation, tirée du roman Le noir qui marche à pied, est une des multiples phrases dans lesquelles l’auteur, Louis-Ferdinand Despreez, rappelle la déroute dans laquelle se trouve la démocratie sud africaine. Éradiquer officiellement une structure étatique raciste ne l’élimine pas automatiquement des esprits et des mentalités. Et le lecteur en est témoin dans ce roman policier où les habitants des townships envient les habitations érigées en forteresses des quartiers richissimes et blancs.
Cinq enfants blancs sont enlevés à la sortie de leur école. Entre des parents désespérés et un système policier qui piétine, le superintendant Francis Zondi ne sait plus où donner de la tête. Le lecteur, lui, sait rapidement dès le début qui commet ces crimes. Le noir qui marche à pied n’est pas un «who dunnit»traditionnel, c’est plutôt un roman policier qui nous plonge dans la poursuite des indices qui mènent la police à la découverte du criminel. Et c’est surtout une plongée dans les méandres de l’esprit malsain de ce criminel.
Le révérend Molefe est le personnage qui opère ces enlèvements. Et il a un plan avec de l’argent de rançon à la clé. L’interprétation de la Bible justifie le pire :«Molefe avait vraiment bien lu entre les lignes des Évangiles ; plus aucun doute ne subsistait en lui ; il fallait donc bel et bien pécher avec méthode, et même acharnement, pour être absous et entrer au paradis par la grande porte.»
Tout en prenant soin de ne pas juger ses personnages, Louis-Ferdinand Despreez réussit à nous plonger dans l’esprit tordu d’un criminel et dans les dilemmes du superintendant Zondi en tant que policier, mais aussi comme homme dans une société sur le bord du précipice. À lire.

Article publié sur Toukimontreal.com

lundi 25 janvier 2010

Zulu : L'Afrique du Sud post-Apartheid




Si vous croyez que l’Afrique du Sud vit en paix depuis la fin de l’Apartheid, lisez Zulu, un roman policier de Caryl Férey, gagnant du grand prix français des lectrices Elle en 2009.
Le meurtre d’une fille blanche de la haute société du Cap met en branle une enquête mené par Ali Neuman, un Zoulou et chef de la police criminelle de la ville. Assassinats, viols, drogues, sida et gangs : Neuman et ses fidèles acolytes, Brian Epkeen et Dan Fletcher, font face à toutes ces horreurs. Mais plus l’enquête avance, plus le mystère s’intensifie et les pistes s’embrouillent.
L’Afrique du Sud est sous le feu des projecteurs avec la tenue de la Coupe du monde de soccer qui débute en juin 2010. L’auteur, Caryl Férey, dresse un portrait inquiétant du pays et pose des questions quant à son futur :«l’Afrique du Sud ne pouvait pas donner une image aussi effroyable. Qui avait envie d’investir dans un pays estampillé comme le plus dangereux ?»
L’histoire alambiquée est intrigante et les personnages principaux – dont certains font face à un destin tragique – sont attachants. Le lecteur apprécie aussi les personnages secondaires, tel Simon, ce petit garçon de 10 ans qui vit dans les rues du township de Khayelitsha, qui meurt en serrant l’image de sa mère décédée et qui se décompose dans un tuyau sans que personne ne le remarque.
Violent, Zulu nous rappelle que l’Afrique du Sud est un des pays les plus dangereux du monde et qu’en dessous de la médiatisation créée par la Coupe du monde de soccer, il y a un peuple qui se meurt.
Caryl Férey, Zulu, Gallimard «Série noire», 2008.
Article publié sur Toukimontreal.com

jeudi 16 juillet 2009

Une rencontre au sommet

Michael Connelly, un vétéran dans le monde des romans policiers, publie son petit dernier, Le verdict du plomb. Une rencontre au sommet : son inspecteur «chouchou», Harry Bosch, croise le chemin de l'avocat Mickey Haller, déjà vu dans La défense Lincoln.


Après deux romans plutôt faibles, Michael Connelly revient en force avec une intrigue judiciaire bien ficelée, accumulant les punchs dans les dernières pages !


Verdict du plomb.mp3

jeudi 29 janvier 2009

Serge Lamothe s'attaque au polar

Publié aux éditions Coups de tête, Métarevers est le nouveau roman de Serge Lamothe. L'auteur de Tarquimpol - finaliste au prix des libraires - se fait plaisir en écrivant ce polar.

Bernard Coste - alias Le Gros - est le héros atypique de ce roman policier. Il espère se détendre sur les plages de Corse, auprès de sa maîtresse Sylvie, mais le voilà embarqué dans une aventure abracadabrante impliquant la mafia locale, le cybersexe et des transexuelles lascives à souhait.

Avec une plume légère et drôle mais bien affûtée, Serge Lamothe nous plonge dans une aventure dont les multiples rebondissements se terminent à Montréal.

Un court polar dynamique qui vaut le détour. À vous de le savourer.


Métarevers.mp3



mercredi 8 octobre 2008

La haine du golf

Dimanche dernier, Sylvain Meunier s'est vu décerné le prix St-Pacôme du roman policier pour son dernier roman L'homme qui détestait le golf.

Écoutez ma chronique à propos de ce roman, en direct de l'esplanade de la Place des Arts, pendant le Festival de Jazz cet été.

mardi 2 septembre 2008

La morsure du polar

Voici ma chronique sur La tendresse du serpent, le dernier roman policier d'André Jacques. Ne soyez pas rebutés par la couverture, le contenu est heureusement beaucoup plus réussi.


Comme dans Les lions rampants et La Commanderie, on retrouve ici son héros de prédilection, l'antiquaire Alexandre Jobin (remarquez les initiales semblables à celles de l'auteur...)


La tendresse du serpent.mp3



mercredi 20 août 2008

Vampire, es-tu là?

Un lieu incertain est le dernier polar (ou rompol) très attendu de Fred Vargas. Et qu'est-ce que ça fait du bien de l'avoir entre les mains, de se mettre des allumettes dans les yeux pour pouvoir rester éveillée et le continuer.
Ses dialogues et cette façon qu'elle a de naviguer entre réel et fantastique sont uniques et jouissifs ! À lire ABSOLUMENT !

dimanche 27 avril 2008

Espionnage à l'islandaise


L' homme du lac est le quatrième roman disponible en français d'Arnaldur Indridason, un auteur islandais.
Indridason est diplômé en histoire et il est journaliste et critique de cinéma. Son père était écrivain aussi, ce qui a beaucoup aidé à développer sa vocation actuelle. Il a déjà trois romans publiés en français : La cité des jarres, La femme en vert et La voix. Les trois romans étaient absolument géniaux et ils ont tous gagnés plusieurs prix.
Cette nouvelle enquête nous emmène sur un terrain différent des autres enquêtes du commissaire Erlendur, il s'attaque cette fois à l'espionnage en Islande pendant la guerre froide.
En fait, le roman commence par un squelette trouvé au fond d' un lac en train de s'assécher et ce squelette a un émetteur-récepteur russe attaché à son pied. Dans les chapitres qui suivent cette première découverte, la voix d'un homme inconnu prendra la relève pour raconter son appartenance au parti socialiste islandais qui l'envoie étudier en Allemagne de l'Est. En arrivant à Leipzig, cet homme change et passe de communiste convaincu et radical à quelqu'un qui est considéré comme un traître parce qu'il n'accepte pas les méthodes de «surveillance réciproque» et de recrutement de ce gouvernement communiste.
Les trois premiers romans ainsi que celui dont je traite ont tous pour personnage principal le commissaire Erlendur. Personnage taciturne et solitaire, il rencontre toutes sortes de gens à travers ses enquêtes. C'est un être très intuitif en ce qui a trait à ses enquêtes et qui est particulièrement obsédé par les disparitions. De plus il a deux enfants qui ne l'aiment pas vraiment : sa fille Eva lind lui reproche constamment de les avoir quittés quand ils étaient tous jeunes et son fils, Sindri Snaer, le traite avec indifférence. C'est un personnage très sensible, qui doit se dépatouiller un peu entre sa vie personnelle plutôt misérable et ses enquêtes qui l' amènent à voir des choses tout aussi misérables.
Dans ces autres enquêtes, il s'agissait souvent du mauvais traitements infligé à des enfants alors que cette fois-ci, il parle beaucoup de vieillesse : il y a plusieurs personnes âgées dans ce roman ou sur le point de mourir, comme son ancienne patronne qui a un cancer en phase terminale et qui respire grâce à une bonbonne d'oxygène et qui traîne chez elle à regarder des westerns.
En fait, l'enquête d'Erlendur et son équipe alternent avec l'histoire de cet homme et finissent par se rejoindre pour ne former qu'une histoire avec une fin qui nous révèle qui est ce squelette du lac et pourquoi il se retrouve au fond de ce lac.
Bref, un livre palpitant mais tout en douceur. Et l'alternance des deux voix narratives nous donnent vraiment envie de continuer la lecture pour découvrir comment les deux histoires vont finir par s'imbriquer.